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Léon XIV, premier pape américain, devient un critique acerbe de Trump
information fournie par Reuters 03/04/2026 à 16:21

(Répétition pour enlever un paragraphe répété deux fois)

Le pape Léon XIV, élu en mai dernier comme le premier pontife américain, s'était généralement abstenu de tout commentaire sur son pays d'origine et n'avait jamais mentionné publiquement le président Donald Trump au cours des dix premiers mois de son pontificat.

Cette retenue semble désormais relever du passé.

Ces dernières semaines, le pape s'est révélé être un critique acerbe de la guerre en Iran. Il a cité Donald Trump publiquement, pour la première fois, mardi, dans un appel direct exhortant le président à mettre fin à l’escalade du conflit.

Vendredi, il a également eu un entretien téléphonique avec le président israélien Isaac Herzog, l’invitant à "rouvrir toutes les voies de dialogue" et à protéger les civils, tout en respectant le droit international et humanitaire, selon le Vatican.

Ce changement marque une évolution notable de ton et d’approche qui, selon des experts, indique que le pape souhaite jouer un rôle de contrepoids sur la scène internationale face à Donald Trump et à ses orientations de politique étrangère.

"Je ne pense pas qu’il souhaite que le Vatican soit accusé de complaisance envers le trumpisme simplement parce qu’il est américain", a déclaré Massimo Faggioli, universitaire italien spécialiste du Vatican.

Léon XIV, réputé pour peser soigneusement ses mots, a exhorté Donald Trump à trouver une "porte de sortie" pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.

"Lorsqu’il (Léon XIV) parle, il fait toujours preuve de prudence", a précisé Massimo Faggioli, professeur au Trinity College de Dublin. "Je ne pense pas que ce soit un hasard."

Le cardinal de Chicago Blase Cupich, proche allié du pape, a déclaré à Reuters que celui-ci s’inscrivait dans la tradition des pontifes appelant les dirigeants mondiaux à renoncer à la guerre.

"Ce qui est différent (...) c’est la voix du messager : désormais, les Américains et l’ensemble du monde anglophone entendent ce message dans un langage qui leur est familier", a déclaré le cardinal.

DIEU REJETTE LES PRIÈRES DES DIRIGEANTS EN GUERRE Deux jours avant son appel direct à Donald Trump, Léon XIV a déclaré que Dieu rejetait les prières des dirigeants qui déclenchent des guerres et ont "les mains couvertes de sang", des propos inhabituellement fermes pour un pontife catholique.

Ces déclarations ont été interprétées par des commentateurs catholiques conservateurs comme visant le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, qui a invoqué un langage chrétien pour justifier les frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran ayant déclenché le conflit.

Ils ont également donné lieu à l’une des premières réponses directes de l’administration Trump à une déclaration de Léon XIV.

"Je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit de mal à ce que nos chefs militaires ou le président appellent le peuple américain à prier pour nos soldats", a déclaré la porte-parole de la Maison blanche, Karoline Leavitt, interrogée sur les propos du pape.

Marie Dennis, ancienne dirigeante du mouvement catholique international pour la paix Pax Christi, a estimé que les récentes déclarations du pape et son appel direct à Donald Trump "reflètent un cœur brisé par une violence incessante".

"Il s’adresse à tous ceux qui sont épuisés par cette violence sans relâche et qui aspirent à des actions courageuses", a-t-elle déclaré.

LE PAPE INTENSIFIE SES CRITIQUES DEPUIS PLUSIEURS SEMAINES Léon XIV avait déjà critiqué les politiques migratoires strictes de Donald Trump, s’interrogeant sur leur conformité avec l’enseignement pro-vie de l’Église. Dans ces déclarations, qui avaient suscité des réactions négatives chez certains catholiques conservateurs, il s’était toutefois abstenu de nommer directement Donald Trump ou tout autre responsable de l’administration.

Le pape a également procédé à un remaniement majeur de la hiérarchie catholique américaine en décembre, en écartant le cardinal Timothy Dolan de son poste d’archevêque de New York. Considéré comme une figure de premier plan du courant conservateur parmi les évêques américains, il a été remplacé par un prélat relativement peu connu de l’Illinois, l’archevêque Ronald Hicks.

Léon XIV intensifie ses critiques à l'égard de la guerre en Iran depuis plusieurs semaines.

Le 13 mars, il a déclaré que les responsables politiques chrétiens qui déclenchent des guerres devraient se confesser et examiner s’ils respectent les enseignements de Jésus. Le 23 mars, il a affirmé que les frappes aériennes militaires étaient indiscriminées et devraient être interdites.

Le cardinal Michael Czerny, haut responsable du Vatican, a déclaré que la voix du pape aurait un poids mondial car "chacun peut percevoir qu’il parle (...) pour le bien commun, pour tous et en particulier pour les plus vulnérables".

"La voix morale du pape Léon est crédible, et le monde veut désespérément croire que la paix est possible", a-t-il ajouté.

Jeudi, le pape a entamé quatre jours d’événements au Vatican en amont du dimanche de Pâques, lorsqu’il prononcera une bénédiction et un message spécial depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre.

Ce discours pascal, l’un des moments les plus observés du calendrier du Vatican, est généralement l’occasion pour le pape de lancer un appel international majeur.

La présidence française a annoncé que le président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte se rendront au Vatican les 9 et 10 avril pour rencontrer le pape Léon XIV.

(Reportage Janet Lawrence, Joshua McElwee, Inti Landauro et Dominique Vidalon, version française Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)

4 commentaires

  • 18:49

    M193 dit n'importe quoi et la parole du pape .....quand il filera du blé du Vatican pour les pauvres on en reparlera!


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